La « Nativité » dans notre vie contemporaine

Pourquoi parler de « Fête de la Nativité » à Noël?

Quel sens donner à cette fête dans notre société contemporaine ?

La Nativité du Christ, ou naissance de Jésus-Christ, fêté à Noël par les Chrétiens, remonte à près de 2000 ans.

Le tout premier Noël aurait été célébré vers l’an 336, à Rome (Italie). Soit plus de 300 ans après la naissance de Jésus ! À cette époque, l’empereur romain Constantin se convertit au christianisme. Il décide de célébrer la naissance de Jésus le 25 décembre. Après le solstice d’hiver, le 21 décembre, les jours vont commencer tout doucement à rallonger. Le 25 décembre est choisi à cette période pour signifier une renaissance.

Dans nos sociétés déchristianisées et en recherche d’une spiritualité moins religieuse, plus universelle, j’ai à coeur de me laisser interpeller avec vous, sur la symbolique de la naissance du Christ, cet Emmanuel (Dieu avec nous).

Je pense qu’il est intéressant de prendre un peu de recul face à tous les rites, les dogmes et le catéchisme religieux, pour revenir à l’essentiel du message véhiculé par le christianisme.

J’ai eu envie de vous partager ce tableau de Bernadette Lopez, peint en 2020, découvert au détour de mes recherches sur internet. Il m’a touché. J’ai envie de recueillir avec vous « sa substantifique moëlle, » comme une invitation à se laisser émouvoir.

  • L’attitude des bergers, qui sont assis ou couchés, près de leur chien et de leurs moutons me fait penser à notre humanité, qui est flegmatique, voire se meurt, quand elle ne trouve plus sens à sa vie. Elle broie du noir. Au premier degré, vous allez me dire que c’est normal de dormir, quand c’est la nuit… Mais, symboliquement, ces bergers qui sont des « veilleurs » normalement, semblent bien engourdis, jusqu’à ce qu’ils soient surpris par une lueur étrange, inhabituelle…
  • Les personnages sont dessinés avec des coups de pinceaux, de manière précise, sans toutefois percevoir la netteté des visages, tracés sans yeux, ni bouche ou nez. Ce dessin contraste avec le reste du tableau, qui est peint avec une technique qui donne un rendu plus fluide et plus coulant, dirait-on. Cela m’évoque une grande part de mystère, dans ce ciel, représenté sur une part importante du tableau: 7/8 environ.
  • Les couleurs utilisées sont significatives également pour moi. Les 3 personnages et le sac posé par terre sont peints dans 3 couleurs primaires franches, le bleu, le rouge vermillon et le jaune (plus le vert). Le ciel, quand à lui, est plein de nuances de bleu-violet mêlées au jaune-doré. Dans la tradition chrétienne, le violet est la couleur du deuil et de la pénitence et est portée notamment lors des enterrements. Le bleu, spécifiquement le bleu ciel, est une couleur qui apaise et qui inspire calme et sérénité. Les touches de jaune-doré peuvent évoquer la richesse, mais surtout la spiritualité. Il est clair qu’il y a un appel des bergers à élever leur regard et tourner leur coeur vers d’autres réalités, plus spirituelles, à partir de la nuit qu’ils traversent et qu’ils vivent.

Dans ce tableau de Bernadette Lopez, je suis émerveillée par cet appel profond et pressant des humains (représentés ici par les bergers, qui semblent endormis) vers un horizon plein de mystère et de lumière paisible et intense. J’ai comme le sentiment que c’est le réveil du coeur: les bergers vont se lever et répondre à cet appel profond. Ils vont découvrir un enfant emmailloté dans une mangeoire (la crèche), non attendu et non accueilli à l’auberge. C’est Jésus-Christ. Il vient dans la nuit la plus profonde. Il vient réconcilier l’humanité meurtrie, blessée, apeurée avec l’Amour.

Voici un extrait de la Bible, dans l’Evangile de St Jean, chapitre 1, v 1-18 (Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible):

 » Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. (…) Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. »
La Nativité au coeur de notre vie contemporaine, vient bien nous réveiller et nous révéler à l’Amour, comme ce fut le cas il y a 2000 ans…

Dieu, notre Source d’Amour, est la raison de toutes choses. Il en est l’origine et la fin. Nous sommes pris dans cet horizon de lumière. Dieu aura raison de toutes les ombres car il est cette lumière pleine qui a choisi la nuit pour briller.

Est-ce que nous nous laisserons touchés par sa grâce, sa vulnérabilité, son besoin de soin dans cet enfant né à Noël? Au-delà de l’histoire, ne serait-il pas temps de percevoir Dieu, le sans visage, notre source de vie, comme notre hôte le plus intime? Dieu ne pourrait -il pas prendre visage de tous ceux qui se penchent sur lui? Voilà l’immense mystère: tu deviens son visage, toi qui te fais petit, vulnérable, pour le laisser grandir en toi. Admirable échange…

HEUREUX  NOËL 🌟🌟🌟

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Photo de Lane Jackman sur Unsplash
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